Comme prévu, l’école Croissance de Tsévié a déplacé vendredi le 13 mars 2026, 28 élèves de primaire
et 68 du collège, soit un total de 96 de ses élèves sur le site historique et touristique d’Agbodrafo
(Maison des Esclaves). Ils sont encadrés par vingt-sept enseignants et parents d’élèves.
Le récit fait par le guide touristique peint un tableau troublant : un certain écossais John Henry Wood,
marchand d’esclaves trouve inacceptable l’abolition de l’esclavage plus spécifiquement la traite
négrière, sa seule source de revus.
Pour montrer son mécontentement, il vient se cacher sur la côte d’Agbodrafo connue sous le nom de
Porto-Seguro dans les années 1835 où il construit la maison des esclaves (La Maison Wood, appelée
aussi Wood homé). De là, il organise la traque des noirs robustes le long de la côte et à l’intérieur du
pays. Les captifs sont gardés prisonniers dans la cave sous la bâtisse pendant des semaines attendant
l’arrivée des bateaux qui les amènent vers les Iles Fidji, les Etats-Unis, la Colombie, la Trinité, Tobago,
Barbade, les Indes, Venezuela, la République Dominicaine, Argentine, Uruguay…
Cette traite des Noirs a prospéré clandestinement pendant 17 ans, c’est-à-dire de 1835 à 1852 avec la
complicité des chefs des communautés noires des localités côtières. De l’autre côté, les navettes des
bateaux négriers entre la côte d’Agbodrafo et tous ces pays, sont restées inaperçues pendant 17 ans
des patrouilles maritimes des pays ayant ratifié l’abolition de l’esclavage.
Vu le caractère lugubre des activités dans cette maison, personne n’ose en parler au point que l’histoire
est restée presque oubliée. Ce n’est qu’en 1999 que des chercheurs Afro-Américains revenant sur la
trace des sites liés à la pratique de l’esclavage sur la côte de l’Afrique de l’Ouest, que l’histoire de la
maison des esclaves d’Agbodrafo refait surface.
L’UNESCO alors en saisit l’occasion pour l’inscrire sur la liste indicative du patrimoine mondial de
l’UNESCO depuis le 8 janvier 2002.
Le bâtiment est restauré en 2006 pour devenir un lieu de mémoire de la traite négrière au Togo et de
tourisme culturel.
Mis à part les conditions inhumaines de détention des esclaves, « La bâtisse en pierre abritait les
marchands au premier étage, tandis qu’une cave étroite de 1,50 m de hauteur, sous le plancher, était
réservée aux esclaves. Les captifs y restaient entassés dans des conditions inhumaines, assis ou
accroupis pendant des semaines », voici un autre récit surprenant : « À proximité de la maison, sur le
chemin menant à l’océan, se trouve un puits dénommé le « puits des enchaînés ». Les esclaves s’y
lavaient avant leur embarquement sur le bateau négrier à destination des Amériques. La tradition
orale africaine affirme qu’après leur toilette, les esclaves étaient forcés de faire sept tours du puits afin
de couper leurs liens avec leurs divinités et de garantir aux négriers l’abandon par les esclaves de forces
surnaturelles permettant une mutinerie. »
Après avoir écouté ces récits, des questions nous viennent à l’esprit :
✓ l’Europe dont les enfants s’étaient livrés au commerce des noirs, est-elle devenue
chrétienne avant ou après la traite des noirs ?
✓ les pratiques mystiques auxquelles les esclaves noirs étaient soumis autour du « puits
des enchaînés », est-elle initiée par des animistes africains ou des négriers blancs pour
couper le lien surnaturel qui protège ces noirs ?
✓ est ce pour amener l’africain à rester docile, à accepter les conditions à lui imposées
par les autres, qu’il lui est demandé jusqu’à ce jour d’abandonner les divinités de ses
ancêtres ?
Nous avons saisi l’occasion pour conduire nos apprenants à la plage d’Agbodrafo et à l’hôte du lac non
loin du site
Là, nos apprenants ont profité du passage à l’hôtel du lac pour faire des promenades sur le lac en
pirogue ; c’était vraiment excitant pour chacun d’entre eux.
Dans la cour de l’école primaire, nous attendons l’arrivée du bus :



En rang pour la montée dans le bus :

Dans le bus pour Agbodrafo :


L’histoire racontée par les artistes sur le mur à l’entrée du site :


Sur le site de la maison des esclaves d’Agbodrafo :

Pause déjeuner à la paroisse St Joseph d’Agbodrafo :


A la plage d’Agbodrafo :

Promenade sur le lac Togo en pirogue :

